mardi 25 janvier 2011

SIPAR

Pour terminer ce voyage sur une note plus réjouissante: après le passé, le futur du Cambodge.

Les Khmers rouges détruisaient les livres et tuaient ceux qui pouvaient les lire. Aujourd’hui encore, près de la moitié de la population du Cambodge est illettrée. C’est dans ce contexte que l’association SIPAR mène depuis des années de multiples actions de promotion du livre et de la lecture.

Ma sœur a travaillé avec cette association il y a une dizaine d’années. Profitant de ses contacts, je pars une matinée dans une banlieue déshéritée de Phnom Penh avec l’un des bibliobus de l’association. Des enfants en âge préscolaire découvrent le plaisir de la lecture.













lundi 24 janvier 2011

Tuol Sleng

Après les visages d’Angkor Thom, les visages de Tuol Sleng.



Tuol Sleng (ou S-21) fait partie de ces lieux qui vous sont familiers avant même de les avoir visités. Tout le monde a déjà vu des images de cet ancien lycée transformé par les Khmers rouges en centre de détention, de torture et d’extermination.



"Familiers": le terme peut paraître déplacé et pourtant l’aspect ordinaire de ce lycée de quartier de Phnom Penh – dont l’ancien nom, Tuol Svay Prey, signifie "Colline du manguier sauvages – est indissociable des sentiments que suscite sa visite. Le lieu est tellement banal, ses escaliers sont si proches de mes propres souvenirs de lycéen, les bruits de la ville sont perceptibles à travers les fenêtres des salles de cours. Mais évidemment, les cachots aménagés dans l’un des bâtiments, les salles de classe avec leur tableau noir transformées en salles de torture et les traces de sang encore visibles au plafond témoignent de ce qui s’est passé ici entre 1975 et 1979. Tout ce mélange d’ordinaire et d’horreur est profondément troublant.



Le plus impressionnant vient de ces centaines de portraits de prisonniers dont aucun ne pouvait survivre car le lieu devait demeurer secret. Ces visages semblent vous épier, comme si vous exploriez ce lieu sous le regard des victimes qui y ont été suppliciées.

Alain Badiou, un philosophe dont la popularité en France fait partie des énigmes de la pensée, écrivait alors:

Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh: une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue […]. La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse […]. Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers: de l’ancien doit mourir […]. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. […]. La résolution d’une contradiction inclut, disions-nous, la part de la mort. Pour qu’advienne la totalité neuve, le processus différent, la scission d’une autre unité, voici que tombe, déchet du mouvement, un fragment du réel. C’est toute la rationalité de l’expression militante: les poubelles de l’histoire. Résoudre, c’est rejeter. L’histoire a d’autant mieux travaillé que ses poubelles sont mieux remplies.

L’emphase pseudo-hégélienne ampoulée ne parvient pas à masquer la pauvreté d'une pensée qui ne dit au fond pas autre chose que: "on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs".

Elle serait risible si elle n'était pas aussi obscène. Je ne sais pas si deux millions de morts, soit près d’un tiers de la population, sont le signe que l’histoire a suffisamment bien travaillé. Voici en tout cas quelques-unes des "poubelles de l’histoire".

dimanche 23 janvier 2011

Phnom Penh

Le Palais royal de Phnom Penh:





Le somptueux musée national qui abrite notamment une superbe collection de sculptures khmères:

jeudi 20 janvier 2011

Banteay Srei

Situé à une vingtaine de kilomètres au Nord d'Angkor Vat, Banteay Srei est longtemps resté fermé au public, d'abord pour des raisons de sécurité, puis dans les années 2000 pour une longue restauration (conduite par la Suisse!).

C'est l'un des temples khmers les plus anciens (10e siècle), les plus petits, mais incontestablement l'un des plus beaux. Beaucoup le considèrent comme le joyau de l'art khmer. C'est en tout un cas un vrai petit bijou, peut-être le temple que j'ai préféré. Construit en grès rose d'une excellente qualité, il est particulièrement bien conservé et laisse apparaître des sculpture d'une richesse exceptionnelle. C'est d'ailleurs l'une de ces sculptures qu'André Malraux tentera de voler dans les années 1920.













mercredi 19 janvier 2011

Rolûos

Rolûos est le nom moderne du site de l'ancienne capitale khmère, située à une quinzaine de kilomètres au sud-est d'Angkor Thom. C'est là que l'on trouve les temples les plus anciens, construits au 9e siècle, alors que les temples les plus récents d'Angkor datent du 13e siècle.

Situés à l'écart des autres temples de la région d'Angkor, ces temples ont aussi l'avantage d'être beaucoup moins fréquentés que les autres, ce qui rend leur visite nettement plus agréable.

Le plus célèbre d'entre eux est le Bakong, premier temple-montagne:









C'est à côté du Bakong, toujours sur le site de Rolûos, que l'on trouve le plus ancien temple d'Angkor, le Preah Kô, construit en 880 et étonnamment bien conservé:





Bayon

Le Bayon est sans doute l’une des constructions les plus fascinantes que l’on puisse visiter au monde. En raison de sa monumentalité bien sûr, mais surtout de ses multiples tours à visages qui semblent vous observer.













Le Bayon est le temple central d’Angkor Thom, la capitale de l’Empire khmer du début du 13e siècle. Il est situé à l’intersection des routes reliant les quatre portes Sud, Nord, Est et Ouest de la ville. Aujourd’hui encore, vous passez devant le Bayon à de multiples reprises lorsque vous visitez les temples d’Angkor. Venant de Siem Reap, la ville moderne où vous logez, et passant devant Angkor Vat, vous entrez par la porte Sud d’Angkor Thom et décidez, en arrivant devant le Bayon, de poursuivre votre route par exemple vers la porte Est pour visiter Ta Prohm ou vers la porte Nord pour visiter Preah Khan.

Porte Sud d'Angkor Thom:



Après avoir grimpé les escaliers bien raides qui vous conduisent en haut du Bayon, vous essayer en vain d’imaginer comment ces ruines aujourd’hui perdues au milieu de la forêt ont pu constituer le cœur de la capitale d’un Empire gigantesque, le centre d’une ville d’un million d’habitants, la plus peuplée que le monde ait connu avant l’ère industrielle. Bref, vous essayez de vous représenter à quoi pouvait bien ressembler la vie de cette cité et quelle signification ses habitants pouvaient conférer à un tel temple.

Preah Khan

Un de mes temples préférés aura été Preah Khan. Il ne figure visiblement pas au programme des tours coréens et sa taille importante permet d’ "espacer" les visiteurs. Je me souviens y avoir passé plusieurs heures en profitant de conditions de visite idéales













mardi 18 janvier 2011

Ta Prohm

Autre grand classique des temples d’Angkor, le Ta Prohm, envahi par la végétation et les racines tentaculaires des fromagers.











Malheureusement, le spectacle est en grande partie ruiné, si j’ose dire, par le défilé incessant des groupes de touristes coréens. La magie du lieu supposerait de pouvoir visiter le site en silence et se laisser envahir par les bruits de la forêt. Or, vous vous trouvez continuellement encerclé par des troupeaux de touristes piailleurs en chemises fluo. Ces groupes sont une source de pollution sonore et visuelle invraisemblable dans les temples et je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils ne sont pas interdits. L’organisme responsable de la gestion des sites semble encourager ces comportements en installant de manière irresponsable au milieu des ruines des "pupitres" hideux pour permettre aux gens de se prendre en photo devant les racines.



Le temple est grand et j’y ai passé deux bonnes heures. Par moments, le miracle se produit et vous pouvez, pendant une minute ou deux, entendre les bruits de la forêt et avoir l’impression d’être seul au milieu des ruines.

Angkor Vat

Après le Sud du Laos, je poursuis ma route vers le Cambodge et tout d’abord les temples d’Angkor.

Le plus célèbre et le mieux conservé d’entre eux est bien sûr Angkor Vat.
Je me suis même levé très tôt pour assister au spectacle du lever du soleil derrière le temple. Malheureusement, quelques nuages empêchent de profiter pleinement du jeu de lumières.



Tours en fin d’après-midi:



Apsaras:



Le plus impressionnant est sans doute les incroyables bas-reliefs qui décorent les galeries sur plus de 2 mètres de hauteur et 600 mètres de longueur: