dimanche 30 novembre 2008

Trackwork

A Sydney comme dans dans le reste de l'Australie, tout est en général très bien organisé. Depuis maintenant deux mois que je suis ici, j'ai utilisé d'innombrables services dans les circonstances les plus diverses et j'ai toujours pu constater un mélange très appréciable de sérieux, d'efficacité et de grande gentillesse. J'aurais bien de la peine à citer une mauvaise expérience.

Mais toute règle a son exception. A Sydney, le canard boiteux est le réseau des trains. C'est une véritable calamité, plus proche d’un pays en voie de développement que d’une ville olympique de 4 millions d’habitants, capitale d’un des pays les plus riches du monde.



À défaut de véritable métro, Sydney dispose d’un vaste réseau de trains de banlieue. Mais si les trains sont vétustes et inconfortables, le réseau lui-même est encore pire. Une particularité de Sydney est en effet que la circulation des trains est fréquemment interrompue durant les week-ends pour cause de «Trackwork» (travaux sur les voies). Ne me demandez ce que sont ces travaux, personne ne le sait. La seule réponse que vous obtenez est que c’est comme ça environ un week-end sur deux depuis de nombreuses années.



Les métros et les RER ne s’arrêtent pas un week-end sur deux à Paris pour cause de «Trackwork»? Les S-Bahn zurichois circulent normalement le dimanche? Peut-être, mais à Sydney, il faut réparer les voies toutes les deux semaines.

Si vous allez sur le site Internet (presqu'aussi affreux et archaïque que les trains eux-mêmes) de CityRail, la compagnie des trains, vous constaterez que la rubrique «Trackwork», qui vous renseigne sur les dates de fermeture des lignes, tient le haut du pavé et correspond à une des grandes subdivisions du site au même titre que la rubrique «Timetables» ou «Tickets & Fares». Dans la pratique, c’est sans doute la rubrique que vous consultez le plus souvent. La seule touche de modernité est la possibilité de s'inscrire à un «free email alert service» qui vous informe des travaux prévus sur votre ligne. Ce week-end, par exemple, pas de train sur ma ligne et je peux déjà voir que la ligne qui dessert l’aéroport sera elle aussi fermée dans deux semaines lorsque j’irai prendre mon avion pour Singapour.



Vous pensez peut-être que j’exagère, mais c’est désormais «officiel»: le réseau de trains de Sydney est le plus mauvais du monde. C’est du moins la conclusion d’un rapport pourtant commandé par CityRail en 2007. Voici un petit résumé du compte-rendu qu’en avait donné la presse à l’époque:
Rail experts from Hong Kong were paid by CityRail to compare Sydney with metro systems around the world for efficiency, cost effectiveness, reliability and maintenance.

They found that Sydney lags behind every city on every key indicator – even compared with the rail systems of Santiago in Chile, Bangkok and Moscow. (…)

The report's findings include:

CITYRAIL trains travel on average just 32km before getting delayed more than five minutes, whereas trains in Hong Kong travel 396km before being delayed;

CITYRAIL'S operating costs are a whopping $6.70 per passenger, compared with 98c in Europe and 69c in Asia;

THE cost of running a Sydney train station is four times the international average; and

CITYRAIL drivers are behind the controls for less than three hours of any seven-hour shift compared with nearly five in Hong Kong.” (Daily Telegraph, March 21, 2007)

Pour l’intégralité de l’article, voir ce lien.

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