lundi 10 janvier 2011

Vientiane - Wat Sisakhet

Construit en 1818, il s'agit du plus vieux temple de Vientiane, le seul qui ait survécu au saccage siamois.







Impossible de visiter l’intérieur du temple lors de mon passage, car une cérémonie d’ordination de moine s’y déroule sous le regard de tous les membres de la famille endimanchés. Les femmes portent des tenues de soie magnifiques.
Je ne peux donc pas voir les 2052 Bouddhas présents à l’intérieur du temple et dois me contenter des 6840 situés tout le long du cloître (ou quelque chose comme ça, je ne comprends pas bien leur mode de calcul).



Voici quelques exemplaires des plus gros Bouddhas (chaque petite niche en renferme deux petits):





Offrande:

samedi 8 janvier 2011

Vientiane

Vientiane est une ville très différente de Luang Prabang. Capitale moderne et assez laide, la plupart des voyageurs recommandent de ne s’y arrêter qu’un jour ou deux. L’ancien royaume de Vientiane, formé après la chute de Lan Xang, est très rapidement devenu un État vassal du Siam. Une tentative de révolte au début du 19e siècle s’est soldée par la destruction complète de la ville. Lorsque les Français colonisent la région, la ville est en grande partie détruite, vidée de sa population et envahie par la forêt. Le site serait à l’origine une ville khmère.

Arrivé de nuit, ma première impression de la ville n’est pas excellente. La comparaison avec Luang Prabang n’est pas à son avantage. Mais la journée qui j’y ai passée s’est finalement révélée plaisante, au point que j’y serais bien resté un peu plus longtemps. La ville, si elle n’est pas belle, a finalement un certain charme et une certaine douceur de vivre. Nous restons au Laos, c’est-à-dire que tout y est plus calme et plus détendu qu’ailleurs en Asie. Même dans la capitale, les Laotiens sont réservés, souriants, bref adorables et attachants.

Thongbay Guesthouse

Avant de clore ce chapitre consacré à Luang Prabang, quelques mots sur mon hébergement. J’ai passé mes trois dernières nuits à Luang Prabang à la "Thongbay Guesthouse", un ensemble de bungalows qui figure en tête des recommandations de la communauté des voyageurs Tripadvisor. J’avais repéré cette adresse lors de la préparation de mon voyage et tenais absolument à y séjourner.

Je n’ai pas été déçu, car tout y est absolument parfait. L’affaire a été montée par Philippe, un Suisse allemand qui travaille encore six mois par année pour les CFF à Olten, et sa femme laotienne. Une bonne occasion d’exercer mon allemand au Laos.

Mon bungalow spacieux et tout confort, situé un peu à l’extérieur de la ville, m’offre une vue plongeante sur la Nam Khan et les cultures potagères des habitants.



Le moment le plus agréable est le petit-déjeuner. Le principe: la veille au soir, vous inscrivez sur un tableau la composition personnalisée de votre petit-déjeuner et précisez l’heure à laquelle vous souhaitez le déguster. À l’heure dite, votre sélection vous est directement apportée sur la terrasse de votre bungalow.



Il ne vous reste plus qu’à sauter du lit pour profiter de votre repas dans la brume matinale de Luang Prabang.



Une découverte: la soupe de riz au poulet délicatement pimentée et agrémentée de quelques gouttes de jus de citron vert est un véritable délice pour bien commencer la journée.





Tout ça est bien luxueux, j’en conviens. Mais je refais mes calculs: séjourner un mois dans ces conditions en mangeant chaque repas au restaurant ne revient pas plus cher que de louer un studio et de manger des fast-foods dans la grisaille parisienne.

Tat Kuang Si

Les chutes de Kuang Si sont une attraction située à quelques kilomètres de Luang Prabang et offrent surtout l’occasion d’une sortie "verte" en dehors de la ville et des temples. Je me joins à un groupe déjà constitué. Nous partons en voiture et quittons assez rapidement la route goudronnée pour près d’une heure de piste à travers la montagne. Nous arrivons à deux villages habités par des Khamus et des Hmongs, quelques-unes des nombreuses minorités ethniques présentes au Laos.

Maison traditionnelle khamu. L’ombre laisse deviner un mélange de rusticité et de modernisme:



Petite fille khamu jouant avec des chèvres (?):



Maison hmong:



Petite fille hmong:



Nous partons ensuite en promenade dans la montagne et la forêt



avant d’arriver à la chute par son sommet.





Architecture séculière

Luang Prabang est célèbre pour ses temples et ses moines. Mais sa singularité et son charme tiennent aussi beaucoup à son architecture séculière. La ville faisait bien sûr partie de l’Indochine et la colonisation française a conféré à la ville une double identité asiatique et européenne. Une grande partie de son attrait vient de cette fusion réussie entre deux cultures différentes. L’ensemble du centre-ville a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ce qui lui offre une relative protection.













Enfin, la ville n’est pas bien grande. La Nam Khan vue depuis le centre-ville:





Lors de la saison des pluies, le niveau de la rivière monte tant que le pont en bambou est entièrement englouti.

Orange

Qui dit temples dit moines. Comme beaucoup de monde, la première fois que j’ai entendu parler de Luang Prabang était en rapport avec la cérémonie des offrandes, cette procession des moines qui, chaque matin au lever du jour, viennent recevoir leur nourriture des habitants de la ville. Les femmes sortent devant leur maison avec le riz qu’elles ont préparé et attendent, agenouillées, la file indienne des moines qui acceptent en silence ces offrandes. Le cérémonial permet aux fidèles d’acquérir des "mérites", aux moines, souvent des jeunes en formation, de vivre de la générosité des habitants, enfin à l’ensemble de la communauté d’exprimer sa foi religieuse.

La cérémonie est tellement belle qu’elle est devenue une attraction touristique majeure qui la condamne pourtant à une mort quasiment inévitable. Malgré la campagne de sensibilisation visible dans tous les temples de la ville, les touristes ne peuvent s’empêcher de se mêler stupidement au cérémonial au lieu de se contenter de l’observer avec discrétion. Madame s’assied bêtement aux côtés des fidèles pour donner du mauvais riz qu’elle a préalablement acheté à des marchands sans scrupule, tandis que monsieur court dans tous les sens pour prendre la photo souvenir en envoyant des flashs dans les yeux des pauvres moines. En définitive, assister à ce rituel aujourd’hui n’éveille qu’un sentiment de honte devant tant d’indécence.

Le pompon revient sans doute aux touristes japonais, toujours adeptes des photos "en situation". D’après ce qu’on m’a rapporté, ils n’hésitent pas à emboîter le pas des moines pour être photographiés en train de recevoir les offrandes. Demander l’aumône à l’une des populations les plus pauvres de la planète alors que vous venez de l’une des plus riches est en effet une idée lumineuse qu’il serait dommage de ne pas immortaliser.

Bref, pas de photos de la cérémonie des offrandes que j’ai d’ailleurs évitée avant qu’elle ne commence vraiment. J’ai en revanche discuté à plusieurs reprises avec des moines, par exemple lors de ma visite de Wat That Luang, où un jeune novice lycéen m’a détaillé dans un anglais hésitant son emploi du jour quotidien:

Après un réveil vers 3h30-4h du matin, sa journée commence par une séance de prières, suivie d’une séance de méditation, puis de la cérémonie des offrandes vers 6h. Retour au temple pour manger la nourriture recueillie. École le matin et l’après-midi, suivie d’une nouvelle séance de prières vers 17h. Enfin des cours supplémentaires d’anglais sont dispensés le soir par des expatriés vivant à Luang Prabang.

Il s’intéresse aussi à ce que je fais. Le courant passe bien. La compréhension interculturelle atteint néanmoins ses limites lorsque je lui explique que je suis un Suisse vivant en France. Il me dit ne pas comprendre comment c’est possible, car il suit régulièrement l’actualité du monde sur Internet et la Suisse lui semble "good more than France".











Palais royal

L’ancien Palais royal sert aujourd’hui de musée.



Il renferme notamment le fameux Pra Bang, statue dorée du Bouddha, qui a donné son nom à la ville, Luang Prabang voulant dire "cité du Bouddha d’or". Il s’agit d’une des deux statues les plus vénérées du Bouddha.

J’avoue ne pas avoir compris toute l’histoire, mais en gros, il y a un Bouddha d’or et un Bouddha d’émeraude. L’un est censé apporter la paix, l’autre préserver des sécheresses. En même temps, ils ne doivent jamais être rapprochés l’un de l’autre sous peine de provoquer un désastre. Enfin, les deux ont été des objets de litige permanents entre Laotiens et Thaïlandais, ou plutôt entre le Lan Xang et le Siam. Les Siamois voisins sont venus à deux reprises conquérir le Bouddha d’or à Luang Prabang avant de le restituer. À l’inverse, le Bouddha d’émeraude qui se trouvait originellement à Chiang Mai, alors capitale du royaume Lanna, a été capturé par Lan Xang et transféré à Luang Prabang, puis à Vientianne. Siam est venu le reprendre au début du 19e siècle et a totalement rasé la ville (voir un des prochains chapitres). Le Bouddha d’émeraude se trouve aujourd’hui encore à Bangkok où il fait l’objet d’une incroyable vénération (voir ici)

Les Laotiens sont plus réservés, mais ont quand même construit le Wat Ho Pha Bang à côté du Palais royal pour accueillir le Bouddha d’or (je n’ai pas compris pourquoi il ne s’y trouve pas):







Autres temples

Le Wat Phra Mahathat (ou Wat That):





Porte et dessins au pochoir sur les volets du Wat That Luang:







Bouddhas du Wat Visoun:



Wat Mai Suwannaphumaham

Le Wat Mai Suwannaphumaham – Wat Mai pour les intimes – se caractérise notamment par ses cinq toits superposés et par la richesse décorative de la véranda. Désolé pour la dernière photo, mais ce chat, intrigué, est venu voir ce que je fabriquais alors que j’étais accroupi en essayant de photographier la véranda.













L’enceinte du Wat Mai permet aussi d’apercevoir les habitations des moines, la salle de classe de bouddhisme: