vendredi 19 décembre 2008

Rai Leh

Après le lac et la forêt, les prochaines étapes de mon voyage me conduisent vers ce qui fait la célébrité du sud de la Thaïlande: ses plages et ses îles. Ma première destination est Rai Leh, aussi orthographié Railay, à quelques kilomètres de Krabi, sur la mer d’Andaman. L’endroit est entouré d’immenses formations calcaires, ce qui ne le rend accessible que par bateau et assure de splendides panoramas.

Le trajet en bateau longue-queue vers Rai Leh, d’une dizaine de minutes, offre déjà de belles perspectives.





Vue d’ensemble de Hat Rai Leh, la plage principale:



La plage est bordée par d’imposantes formations calcaires, qui marquent la séparation avec d’autres plages.





À côté de la plage principale se trouve en effet Hat Phra Nang, encore plus spectaculaire:







Les couchers de soleil sont aussi magnifiques. Mercredi soir, j’ai regardé le soleil se coucher depuis Hat Rai Leh:



et jeudi depuis Hat Phra Nang:



Les singes semblent eux aussi apprécier le spectacle:



À noter que les singes, à Rai Leh, ont une drôle de tête. Après une courte recherche, j’ai pu déterminer qu’il s’agit de «semnopithèques obscurs»:



Cheow Lan

Le lendemain matin, départ pour le lac Cheow Lan (ou Chieow Laan). Il s’agit d’un gigantesque lac artificiel formé lors de la construction du barrage de Rajaprabha. Le lac a englouti la vallée et offre désormais de magnifiques perspectives sur la forêt tropicale et les formations karstiques caractéristiques de cette région. Pendant plus d’une heure, je parcours ce lac à bord d’un bateau longue-queue. Je vous laisse admirer les paysages qui, je crois, se passent de tout commentaire.















Outre les paysages, le bateau constitue aussi un moyen privilégié d’observer la faune de la région. Outre le son des «woodpeckers» dans la forêt, j’ai pu voir des aigles, des «calaos» et des singes gibbons.

Après cette traversée du lac, j’aperçois enfin le petit village flottant dans lequel je vais rester pendant 24 heures. il s’agit d’un ensemble de petits bungalows en bambou flottants sur le lac. Le tout est exploité par les habitants d’un village voisin. Pas d’électricité ni d’eau courante cette fois-ci, mais uniquement un matelas posé à même le sol.





Au programme: exploration de la faune au lever du jour, promenade dans la jungle et visite d’une grotte, canoë et baignade dans le lac, etc. Manger également: contrairement à ce qu’on pourrait penser, les spécialités thaïlandaises servies dans ce petit village improbable sont absolument exquises et les portions sont gargantuesques: curry massaman, poisson frit, salade de porc et bœuf au basilic pour un seul repas! Les prix thaïlandais n’étant pas les mêmes que les prix australiens, je n’avais même pas remarqué que j’avais réservé un tour «privé», c’est-à-dire que j’avais un guide anglophone et un conducteur de bateau pour moi tout seul! Je passe des heures à discuter avec ma guide qui, ayant étudié trois ans en Nouvelle-Zélande, parle un anglais impeccable.

Enfin et surtout, je passe des heures assis devant mon bungalow, les pieds dans l’eau, à contempler le paysage et à écouter les cris des gibbons provenant de la rive opposée. Voici juste pour vous «Virtual Cheow Lan», comme si vous y étiez.



Outre les paysages, une grande partie de l’expérience consiste dans le fait d’être coupé du monde: pas d’électricité, pas de signal téléphonique, à une heure de bateau du monde extérieur. J’ai la de plus la chance d’être quasiment seul dans ce petit village. La destination est à peine mentionnée dans les guides touristique – je ne l’ai découverte qu’à travers des blogs de voyage – et n’attire pas les foules. Les conséquences du blocage de l’aéroport de Bangkok se font de plus cruellement sentir. Ma guide me confie que la moitié des réservations a été annulée.

Le moment le plus agréable consiste à être le premier à se réveiller, juste avant le lever du jour. Vous prenez alors vraiment conscience que vous êtes au beau milieu d’un lac, entouré par la jungle, en Thaïlande, sans moyen de communication avec le monde extérieur. La sensation d'isolement est totale, à la fois effrayante, envoutante et relaxante.

Voici quelques photos des premières lueurs du jour sur Chieow Laan. Les rubans attachés aux bateaux en Thaïlande sont un appel aux esprits censés protéger les embarcations. Bref, c’est censé aider à ne pas couler.







jeudi 18 décembre 2008

Khao Sok

Changement radical d’environnement en quelques heures. Dimanche, j’ai déjeuné sur le pouce à Sydney juste avant de prendre mon vol; dimanche soir, j’ai dîné à Singapour où je me suis arrêté pour dormir, et lundi midi, j’ai déjeuné confortablement installé près d’une rivière à Khao Sok, dans le sud de la Thaïlande, en regardant des singes.

Lundi matin, un vol low-cost me conduit de Singapour à Phuket. Pour rejoindre la jungle de Khao Sok le plus rapidement possible, je me suis offert le luxe d’un «transfert privé». Un chauffeur m’attendait à l’aéroport en voiture climatisée. Cela me faisait gagner pas mal d’heures par rapport aux transports publics et les prix thaïlandais permettent ce genre d’extras. En fait de chauffeur, il s’agissait d’une chauffeur: une jeune Thaïlandaise en polo jaune en l’honneur du roi (évidemment, c’est un lundi). Passant devant un bâtiment, elle m’explique avec un charmant accent thaïlandais qu’il s’agit d’une nouvelle construction, mais que l’ensemble «is big but not very functional». Je suis un peu surpris de voir une jeune fille originaire de Khao Sok disserter en anglais sur la fonctionnalité des nouvelles constructions gouvernementales. Je découvre qu’elle prépare un doctorat en management à l’Université de Bangkok et s’apprête à reprendre l’activité hôtelière de sa famille à Khao Sok. L’industrie touristique représente, je crois, 6% du PIB de la Thaïlande. Elle fait vivre des millions de personnes et finance sans doute les études de bon nombre d’entre elles. Comme quoi, le tourisme a aussi du bon.



Arrivée à Khao Sok: alors que je suis occupé à regarder le paysage, la voiture fait un mouvement brusque pour éviter un obstacle: «Did you see it? Big snake on the road!», me dit ma conductrice. Non, je ne l’ai pas vu, mais cela suffit à planter le décor. Khao Sok est un petit village situé dans la forêt tropicale, écosystème vieux de 160 millions d'années, dans lequel on peut rencontrer des serpents donc, mais aussi (paraît-il) des ours malais, des singes, des léopards et quelques tigres (pour une liste complète, voir ici).

C’est dans cette forêt et au milieu de cette faune accueillante que je vais passer ma première nuit en Thaïlande.





Admirez l’intégration de l’hébergement à l’environnement. Ne me demandez pas comment c’est possible (il faut sans doute avoir fait un doctorat en management), mais ces petits bungalows sont totalement équipés: électricité, ventilateur, toilettes et douche. L’aventure se limite à l’absence d’eau chaude. Comme toujours dans la forêt, c’est le bruit qui impressionne. À Khao Sok, les cigales émettent un son tellement strident qu’il ressemble plus à une alarme incendie qu’à un son naturel.

De votre petite terrasse, vous pouvez regarder les macaques sauter d’arbres en arbres (ou parfois sur le toit de votre «treehouse»). Il y a évidemment quelques risques inhérents à ce genre d’environnement. Personnellement, j’ai failli être assommé par un singe. Ce maladroit a sauté sur une branche morte et les deux sont tombés à deux mètres de moi (remarque aux âmes sensibles: le singe est sorti indemne de l’accident; il avait juste l’air un peu gêné de s’apercevoir que j’avais été témoin de ses exploits).





Programme de l’après-midi: une promenade dans la forêt à dos d’éléphant. J’ai découvert que les éléphants ont des cheveux (bientôt plus que moi). Sur mon chemin, j’ai vu un serpent déguerpir face à l’avancée de mon éléphant. J’ai alors compris ce que voulait dire «big snake». Le «big» n’est pas usurpé.





Au retour, je me promène dans le village de Khao Sok. Même si le tourisme est la principale activité locale, il s’agit vraiment d’un petit hameau. Pas même un petit «Seven Eleven» (enseigne de proximité que l'on trouve partout en Thaïlande comme en Australie d'ailleurs) à l’horizon. Un groupe de quatre jeunes locaux assis à une table m’invitent à faire un brin de discussion. Ils m’expliquent que j’ai raison de venir à Khao Sok: «Khao Sok is good for you; Pattaya = mafia, not good for you!» m’affirme l’un d’entre eux. Je suis d’accord avec lui.

Départ


Si la carte ne s'affiche pas entièrement, cliquez dessus pour ouvrir une nouvelle fenêtre.

C’est avec une grande tristesse que je quitte Sydney et l’Australie. Le pays est magnifique, le temps est (le plus souvent) agréable, les gens sont gentils et offrent un bon mélange de décontraction et de «positive thinking».

Mais bon, il n’y pas que l’Australie sur cette terre! Il faut aussi s’intéresser à d’autres régions plus périphériques. Ayant développé mon esprit aventurier durant ce séjour, je me sens prêt à aller explorer ces étranges petits pays situés aux confins du monde, perdus et coincés tout en bas à droite de la carte. D’après ce que je sais, le climat est froid, gris et pluvieux, l’économie est en déclin, les gens sont stressés, déprimés et râleurs. Exotisme assuré.

Il paraît même que dans l’un des plus petits de ces pays (je ne peux pas vous le montrer sur la carte, on ne le voit même pas), les gens parlent tous des langues différentes. Il y en a même certains qui refusent de parler la langue qu’ils écrivent, parce qu’ils ne veulent pas parler la langue de leurs voisins. Amazing, isn’t it?

mercredi 17 décembre 2008

Victorian Houses

Le centre-ville de Sydney, le CDB, est une zone relativement bien délimitée. Les gratte-ciels, les centres commerciaux et les grandes artères marchandes donnent à la ville des allures de capitale moderne. Une des choses qui rend la vie à Sydney si agréable est que le reste de la ville – les «suburbs» – ressemble à une succession de villages: petites rues asymétriques aux trottoirs étroits, maisons victoriennes avec jardins, etc. Avant de partir, je vous présente la maison dans laquelle j’ai logé durant ces dix semaines à Sydney:



ainsi que quelques autres maisons de ma rue:





et des alentours:











samedi 13 décembre 2008

Immigration

Dans le train qui nous ramenait des Blue Mountains vers Sydney, samedi dernier, je parlais en français avec Charlotte et Sandrine, mes deux compagnes de voyage (oui, je sais, nous aurions dû parler en anglais). Une femme assise à côté de nous, constatant que nous étions étrangers, nous a demandé si la vie à Sydney nous plaisait. Lorsque nous avons répondu «oui», sa réaction immédiate a été: «Alors vous devriez rester». Je crois qu’en Europe, on encourage plus souvent les étrangers à rentrer chez eux qu’à rester. Au-delà de son caractère anecdotique, cette réaction rappelle que l’Australie est un pays d’immigration, dans lequel la plupart des gens se définissent comme des immigrants.



Sydney est d’ailleurs l’une des villes au monde ayant la plus forte proportion d’habitants nés à l’étranger. Elle ne parvient certes pas à rivaliser avec les grandes métropoles nord-américaines – en raison de l’importante immigration cubaine, c’est Miami qui arrive en tête du classement avec 59% d’habitants nés à l’étranger ; Toronto (44%), Los Angeles (41%), Vancouver (37%) et New York (36%) complètent le podium. Avec 31%, Sydney surpasse néanmoins les grandes villes européennes comme Londres ou Paris.

Au niveau de l’Australie dans son ensemble, les chiffres du dernier recensement indiquent que près de 24% des résidents australiens sont nés à l’étranger et que 45% d’entre eux sont nés à l’étranger ou ont au moins un parent né à l’étranger.

Le tableau n’est pourtant pas si simple. Une des seules choses que je connaissais de l’Australie avant de venir était la «White Australia Policy». L’objectif de cette politique était de créer une société culturellement homogène. Concrètement, elle signifiait que seuls les Européens – et pendant longtemps seuls les Britanniques – pouvaient immigrer en Australie.

Le «Immigration Restriction Act» adopté en 1901 visait en effet à exclure tous les migrants non européens. Pour éviter de faire directement appel à un critère racial dans la loi, l’instrument utilisé était un «dictation test»: les candidats à l’immigration devaient réussir une dictée de cinquante mots dans une langue européenne, pas nécessairement l’anglais, dont le choix était laissé à la discrétion de l’officier d’immigration. C’est l’islandais, m’a-t-on dit, qui était habituellement utilisé. L’objectif était notamment d'empêcher l’immigration chinoise. Il ne devait manifestement pas y avoir beaucoup de chinois parlant couramment l’islandais, puisque la population non européenne (à l’exception des Aborigènes) présente sur le sol australien ne s’élevait en 1947 qu’à 0,25% de la population totale. L’Australie avait ainsi réussi à être l’un des pays les plus «blancs» du monde.

À la différence des États-Unis, dont l’acte de naissance est une «déclaration d’indépendance» par rapport au Royaume-Uni, l’Australie, la colonie britannique de substitution, est restée fidèle à la mère patrie et a longtemps eu pour ambition d’être une «new Britannia» des mers du Sud. Durant la Seconde Guerre mondiale, le premier ministre australien John Curtin pouvait encore affirmer: «this country shall remain forever the home of the descendants of those people who came here in peace in order to establish in the South Seas an outpost of the British race». Alors que l’immigration non européenne était combattue, l’immigration britannique était en revanche explicitement encouragée, voire directement subventionnée. Même après la Seconde Guerre mondiale, l’Australie subventionna l’immigration de Britanniques, ces «Ten Pound Poms» comme ils furent populairement désignés, qui n’avaient payé que dix livres pour leur voyage.

Avec la fin de l’Empire britannique, il n’était toutefois plus possible pour l’Australie de continuer à s’isoler de sa zone géographique et de concentrer toutes ses relations commerciales et culturelles avec le Royaume-Uni. La Seconde Guerre mondiale, durant laquelle les Anglais n’ont même pas pu défendre Singapour, a servi de révélateur à cette nouvelle situation. Les efforts déployés par l'Australie pour attirer des immigrants provenant d’autres pays d’Europe se sont aussi heurtés à la prospérité économique du Vieux Continent.

C'est pourquoi l'Autralie a décidé, au début des années 1970, d'abolir sa «White Australia Policy» et de développer ses relations avec ses «voisins» asiatiques. Même si cette décision représente un cas intéressant de conversion explicite et consciente au multiculturalisme, la politique d’immigration australienne a toujours été conçue comme un instrument extrêmement contrôlé au service de fins politiques précises. L’Australie pratique aujourd’hui encore une politique ciblée d’«immigration choisie». Ce n’est notamment pas par hasard si on rencontre tant d’Asiatiques dans les rues de Sydney, et quasiment aucun Africain, par exemple.

La politique d'immigration en Australie est donc bien différente de celle des États-Unis ou du Canada. Nulle «Statue de la liberté» accueillant les réfugiés dans la baie de Sydney et proclamant au monde: «Give me your tired, your poor, your huddled masses yearning to breathe free,…»

Il n'empêche, j'ai l'impression que Sydney possède aujourd’hui cet état d’esprit particulier des sociétés d’immigration que même les pays européens les plus ouverts ne connaissent sans doute pas: chacun, ou du moins la majorité, se conçoit comme un immigrant et ne perçoit pas les autres comme des «étrangers» devant s’adapter.

mercredi 10 décembre 2008

Printemps (2)

Pour ne pas laisser trop longtemps une araignée à la une de ce blog, je vous offre quelques couleurs des rues de Sydney au printemps.







Huntsman

En Australie depuis près de trois mois, je n’avais pas encore vu le moindre serpent ni la moindre araignée, sans parler des crocodiles qui refusent de se montrer. J’en venais presque à me dire que toutes ces histoires sur les affreuses bestioles qu’on est supposé rencontrer dans ce pays relevaient davantage du mythe que de la réalité (l'exception étant peut-être les blattes géantes qui pullulent à Sydney).

Et voici qu’aujourd’hui, cette jolie «Huntsman» toute velue est venue me rendre une petite visite dans ma cuisine.



C’est finalement moins impressionnant que je ne le pensais. Il faut dire que celle-ci est relativement petite et que les «Huntsman», si elles peuvent vous mordre, ne sont pas venimeuses.

Blue Mountains

Après la mer, la forêt tropicale, le désert et la ville, il ne me restait plus que la montagne pour compléter mon tableau de l’Australie. C’est chose faite depuis ce week-end, où j’ai enfin pris le temps de me rendre dans les «Blue Mountains», ces montagnes situées à une centaine de kilomètres de Sydney.

J’ai fait la connaissance de deux françaises en séjour linguistique à Sydney et nous avons pris le train ensemble pour Katoomba, principale porte d’entrée de la région. Nous avons bien sûr vu les fameuses «Three Sisters», qui sont toutefois moins impressionnantes que je ne le pensais. C’est surtout l’ampleur de la Jamison Valley qui est magnifique. La vue dégagée permet de voir l’enveloppe bleue formée, paraît-il, par l’évaporation des essences des eucalyptus qui recouvrent ces montagnes.





Après avoir descendu le vertigineux «Giant Stairway», nous avons fait deux bonnes heures de «bushwalking» dans la vallée avant de remonter la falaise grâce au «Scenic Railway»: avec une montée à 52°, c’est le funiculaire le plus incliné du monde. La montée est courte et rapide, mais elle offre de belles sensations!

samedi 6 décembre 2008

Christmas in Summer

Ce pauvre Père Noël, surpris en train d'escalader la façade d'une maison victorienne typique de Sydney, m'a fait de la peine. Il doit apparemment remplir la même fonction en Australie qu'en Europe. La différence est évidemment que la température flirte ces jours-ci avec les 30 degrés et que sa tenue ne semble pas vraiment de circonstance.



J'avoue avoir bien du mal à me faire à l'idée que Noël approche. Seules les décorations dans les magasins viennent me rappeler que nous sommes bien en décembre. Voici par exemple la pointe du sapin géant dressé au milieu du Queen Victoria Building:



Queen Victoria Building? Pierre Cardin aurait déclaré qu’il s’agit du plus beau centre commercial du monde. Le bâtiment a en fait connu plusieurs affectations, abritant notamment une salle de concert, puis une bibliothèque municipale. Après une importante rénovation, il est depuis plusieurs années un centre commercial situé en plein cœur de la City. Le nom du bâtiment devrait suffire à rappeler que l’Australie reste à ce jour une monarchie constitutionnelle ayant Élisabeth II pour chef d’État.